Portraits et Figures
Sélection d’œuvres, 2018–2025
Le portrait est abordé selon deux voies qui se répondent. Certaines œuvres recherchent une proximité fidèle avec le modèle, jusque dans l’expression et la singularité des traits ; d’autres utilisent la géométrie pour découper, déplacer et reconstruire le visage. Entre observation et transformation, cette coexistence permet d’examiner ce qui fait qu’une présence reste reconnaissable même lorsque sa représentation s’éloigne progressivement du réel.
Première fois s’approche du corps jusqu’à en rendre la lecture incertaine. Le cadrage isole des fragments, les courbes perdent peu à peu leur identité anatomique et la grille des glacis vient traverser les formes. Entre proximité et abstraction, les œuvres maintiennent une tension volontaire entre ce qui peut être immédiatement reconnu et ce qui demeure intime, ambigu ou seulement suggéré.
En Corps Libre envisage le corps féminin comme un espace d’affirmation plutôt que comme un simple sujet de représentation. L’œuvre associe cette liberté physique à la conscience de sa fragilité sociale et politique : ce qui paraît acquis peut toujours être remis en question. Le corps devient ainsi présence, mouvement et territoire autonome, porteur d’une liberté qui ne peut être considérée comme définitivement garantie.
Dans Ombilic, la figure est conduite jusqu’au seuil de sa propre abstraction. La géométrisation découpe et redistribue les plans du corps sans en supprimer totalement la présence, tandis que les valeurs claires et foncées permettent tantôt de reconnaître le sujet, tantôt de le perdre. L’œuvre se construit précisément dans cette hésitation : le moment où une image encore familière commence à devenir autre chose.










