Plan et Perception
Sélection d’œuvres, 2001–2026
Ricochet naît d’un décalage entre ce qui existe réellement sur la surface et ce que l’œil croit y reconnaître. Lignes brisées, aplats et transitions colorées font surgir des directions, des reliefs ou des profondeurs fictifs qui semblent échapper au plan du tableau. La composition agit ainsi comme une onde : le regard rebondit d’une forme à l’autre, perd progressivement ses repères et découvre un espace qui n’existe que dans la perception.
Dans Lignes sur Carrés, une trame verticale vient recouvrir et perturber des constructions carrées sous-jacentes. Certaines formes résistent, d’autres se fragmentent ou disparaissent derrière les lignes, tandis que les contrastes de couleur font émerger des niveaux de lecture successifs. L’œil ne sait plus très bien s’il doit suivre la grille, reconstruire les carrés ou percevoir la profondeur qui apparaît entre les deux.
Variation 01
Variation 02
Variation 03
Variation 04
Ici, la lumière n’éclaire pas simplement l’œuvre : elle en modifie véritablement l’apparence. Les glacis translucides réagissent à son intensité et transforment les rapports entre couleur, densité et profondeur. Une même construction peut ainsi paraître plus légère, plus présente ou presque s’effacer selon l’environnement et le point de vue, faisant de la perception une expérience constamment renouvelée.
Le labyrinthe devient un espace mental plutôt qu’un chemin à parcourir physiquement. Les directions se multiplient, certaines semblent conduire quelque part avant de se refermer, d’autres apparaissent seulement après un temps d’observation. La construction géométrique produit une tension entre ordre et désorientation : le regard cherche une issue dans une architecture qui se dérobe continuellement à une lecture globale.
Cette série s’attache au moment fragile où une forme reste encore visible tout en commençant à se dissoudre. Par des passages progressifs d’intensité et de clarté de la couleur, les limites deviennent incertaines et certaines zones semblent se fondre dans celles qui les entourent. La composition ne disparaît jamais complètement : elle demeure suspendue à cette frontière où voir demande davantage d’attention.
Carrés Superposés construit une transparence qui n’existe matériellement pas. Des aplats parfaitement opaques sont organisés de manière à donner l’impression que plusieurs carrés se traversent et se superposent. Aux intersections, de nouveaux plans semblent apparaître et certaines formes avancent tandis que d’autres reculent : toute la profondeur de l’œuvre est produite par la couleur et non par une véritable transparence.
Un même motif — un petit carré entouré de quatre carrés plus grands — constitue le vocabulaire de toute la série. Ce qui change n’est pas la structure, mais la distribution des couleurs. À partir de cette règle volontairement stable, chaque composition fait apparaître une image différente, démontrant comment une simple permutation chromatique peut bouleverser l’équilibre, la profondeur et l’identité visuelle d’une forme identique.
Cette série prend pour point de départ l’architecture d’un bâtiment, dont certains éléments — fenêtres, portes, châssis et structures — sont isolés pour être traduits en lignes et en aplats de couleurs. Peu à peu, ces éléments reconstruisent l’édifice sous une autre forme, jusqu’à en effacer l’apparence immédiatement reconnaissable. Le bâtiment reste présent par son vocabulaire architectural, mais se dématérialise pour devenir une composition géométrique à la frontière entre architecture et abstraction.




























